Four à chanvre dans la Sarthe

De Maisons Paysannes de France
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Four à chanvre situé à St Rémy du Val

Photo Patrick Dejust © Maisons Paysannes de la Sarthe.
Le four à chanvre est une construction qui servait au séchage du chanvre.
Four à chanvre situé à Chérancé Tertifume

Photo Patrick Dejust © Maisons Paysannes de la Sarthe.
On retrouve ce type de bâti dans les régions où l'on cultivait le chanvre au XIXème notamment en Sarthe et sur une petite partie de l'Orne, de la Mayenne et de l'Indre-et-Loire.
Four à chanvre situé à Les Bondés, Assé-le-Riboul.

Photo Patrick Dejust © Maisons Paysannes de la Sarthe.
Le Haut-Maine jusqu'au XVIIIème siècle ne se distingue pas particulièrement par la culture du chanvre ; cette activité est également présente dans de nombreuses autres régions et les chanvres produits localement ne sont pas toujours de bonne qualité. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIème siècle que le Haut-Maine va devenir une grande région productrice. Au XIXème siècle, alors que cette culture marque le pas un peu partout, la Sarthe au contraire va mieux que résister. Elle en fait une spécialité jusqu'à devenir le premier département producteur. Cette période de prospérité pour les campagnes mancelles durera jusqu'au début du XXème siècle.

C'est ce qui explique la forte présence de fours à chanvre en Sarthe. Dans certains secteurs, chaque ferme avait son propre four, souvent un peu à l'écart de l'habitation pour éviter les émanations de fumée.

Architecture

Four à chanvre double accompagné de sa loge, situé à Lucé-sous-Ballon.

Photo Patrick Dejust © Maisons Paysannes de la Sarthe.

Les fours à chanvre peuvent être de plan quadrangulaire ou cylindrique.

Le four type a un diamètre moyen de 3 à 4m pour une hauteur de 4 ou 5m. La toiture déborde du bâti afin de protéger l'enduit et est couverte de tuiles ou d'ardoises. Si elle est rayonnante, elle dispose d'une pente du toit d'un peu plus de 45°.

Ils sont très souvent accompagnés d'un petit hangar appelé loge (ou brairie) destiné au travail du brayage. Il n'est pas rare qu'ils soient à proximité immédiate d'une mare (le doué) ou d'une excavation spécialement aménagée (le routoir) qui servait au rouissage.

Matériaux et diversité architecturale

Les fours ronds sont les plus courants (66% des effectifs), mais les fours carrés ne sont pas rares. Les couvertures sont très variées: en charpente (de forme conique) couvertes de tuiles ou d'ardoises, en maçonnerie (dôme aplatit) ou avec une simple dalle de béton. Il existait autrefois des fours couverts de terre et de végétation; ils ont tous disparu.

Les murs peuvent être en maçonnerie de pierres, en briques ou en "terrasse" (bauge). Ils sont le plus souvent enduits au mortier de chaux.

La répartition des fours dans la Sarthe

La majorité des fours à chanvre se trouvent dans le quart nord-ouest du département: dans le Saosnois aux riches terres agricoles, autour de Fresnay-sur-Sarthe, dans la Champagne Mancelle (Loué, Conlie) et au Nord du Mans.

A cela il faut ajouter le Belinois, petite région fertile au Nord du Mans où les fours à chanvre, souvent quadrangulaires, parfois doubles, sont difficiles à identifier.

Bibliographie

  • CAUE 72, Architectures rurales en Sarthe, Saosnois, dépliant n°9, 1991.
  • ETIENNE-STEINER C., Variétés rurales, Revue Vieilles Maisons Françaises, n°115, décembre 1986, p.49.
  • LES AMIS DE LOUIS SIMON, Le chanvre en Sarthe, Guides Habitants, Editions Alain Sutton, Collection : Provinces mosaïques, 2012.
  • MENIL A., La maison rurale dans le Maine et le Haut-Anjou, Les cahiers de construction traditionnelle, Editions CREER, p.20.
  • MOUY M., Les îles de Basse-Touraine : Pays de chanvriers, Chapitre 1 : Le pays, la culture du chanvre, Revue Maisons Paysannes de France, n°72, 2T, 1984, p.4-5.
  • NIQUEUX D., A la découverte des villages de France : Stage d'étude à Vivoin (Sarthe), Revue Maisons Paysannes de France, n°58, 4T, 1980, p.20-21.
  • TROTEREAU J., Les fours en campagne, Revue Détours, n°13, 1994, p.106.