Four à chanvre en Indre-et-Loire

De Maisons Paysannes de France
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Ancienne maison de pêcheur avec four à chanvre accolé. Un tas de coke et une pierre à blé sont situés près de la porte basse du four.

Photo Maisons Paysannes de France © Délégation de Touraine.

Le four à chanvre est une construction qui servait autrefois au séchage du chanvre.

Cette étape durait une nuit avant que la plante ne soit broyée (étape du broyage ou "brayage") et peignée afin d’en récupérer la fibre.

En plus de l’Indre-et-Loire, on trouve également des fours à chanvre dans les anciennes régions cultivatrices de chanvre, notamment dans la Sarthe, une petite partie de l'Orne ou en Charente. Cependant, la forme et les matériaux de ces édifices varient suivant les départements.

Géographie

La culture du chanvre a connu un essor aux XVIIIème ainsi qu’au début du XIXème siècle car sa fibre servait à la fabrication des voiles et cordages marins. Les fibres étaient acheminées sur la Loire vers Nantes, Angers, Beaufort en Vallée ou Rochefort[1].

La présence de nombreux fours à chanvre en Indre-et-Loire, particulièrement dans la commune de Bréhémont, s’explique par sa disposition géographique privilégiée. Situé au bord de la Loire, le village est également traversé par quelques bras de l’Indre et du Cher, dont les petits cours d’eaux se sont révélés idéaux pour rouir le chanvre, d’où leur nom de « rouissons »[2].

Le village de Bréhémont est donc réputé pour avoir le plus de fours à chanvre en France. Il subsiste plus de 100 constructions encore visibles sur la commune mais l’association « Les Rouissons d'Bréhémont » a recensé également plus de 150 emplacements de ces constructions type de la culture du chanvre. [3]

Autrefois, chaque cultivateur possédait son four et l’on comptait  un chanvrier pour trois habitants[4].

Architecture

Les fours à chanvre du département sont rectangulaires, construits en pierre, et couvert d’un toit à deux pans ou en pavillon. Ils peuvent être accolés aux maisons (des pêcheurs) ou bien indépendants, situés à proximité de la propriété.

Un four dispose la plupart du temps de deux niveaux, séparés par une claie :

Un niveau bas, accessible par une petite porte, appelé chambre de chauffe. Un brasier à coke installé dans une corbeille émettait une forte chaleur pendant plusieurs heures, afin de faire sécher le chanvre situé au-dessus.

La chambre à chanvre, au niveau supérieur, également accessible par une porte et parfois un escalier en pierre. Les poignées de chanvre (appelées aussi «  bourdeaux ») étaient disposés sur la claie au travers de laquelle passait la chaleur. La fumée émise lors du séchage sortait par une petite ouverture située en partie haute du four à chanvre.

Celui-ci recouvre souvent une voûte en pierre construite afin de conserver la chaleur du foyer.  Il existe également certains fours intégrant sous le toit un grenier ou un pigeonnier.

Cet édifice s’accompagne généralement d’un balet (prononcé balette), petit bâti dans lequel on broyait le chanvre avec une broie (ou « braie ») et où se trouvait un lisseur servant à extraire la fibre. Autrefois utilisées manuellement ou actionnées par la force animale (manège à cheval), ces machines ont ensuite été remplacées par des machines à moteur.

Dans la commune de Bréhémont, il n’est également pas rare de trouver à proximité du four une pierre à blé, rouleau de pierre servant à battre la plante pour en retirer le grain. Ce type de pierre pourrait avoir également servi à séparer les tiges de chanvre des graines de chènevis.

Bibliographie

  • « Culture du chanvre, les Rouissons d'Bréhémont », Mémoire, Les images d’archives en Centre-Val de Loire mis en ligne le 16 octobre 2017, disponible à l’adresse : https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/culture-du-chanvre-les-rouissons-dbrehemont
  • BROSSEAU S., Culture du chanvre : la « Maisons à Marie », Vidéo réalisée en juillet 1995. Disponible à l’adresse : https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/culture-du-chanvre-les-rouissons-dbrehemont
  • MAISONS PAYSANNES DE TOURAINE, L’influence du chanvre sur l’habitat, Bulletin de liaison, n° 80, avril 2014. pp.9-12.
  • MOUY M., Les îles de Basse-Touraine : Pays de chanvriers, Chapitre 1 : Le pays, la culture du chanvre, Revue Maisons Paysannes de France, n°72, 2T, 1984, p.4-5.

Références

  1. MAISONS PAYSANNES DE TOURAINE, L’influence du chanvre sur l’habitat, Bulletin de liaison, n° 80, avril 2014. p.8
  2. Culture du chanvre, les Rouissons d'Bréhémont, Mémoire, Les images d’archives en Centre-Val de Loire mis en ligne le 16 octobre 2017, disponible à l’adresse : https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/culture-du-chanvre-les-rouissons-dbrehemont)
  3. Référence : MAISONS PAYSANNES DE TOURAINE, L’influence du chanvre sur l’habitat, Bulletin de liaison, n° 80, avril 2014. p.9.
  4. Culture du chanvre, les Rouissons d'Bréhémont, Mémoire, Les images d’archives en Centre-Val de Loire mis en ligne le 16 octobre 2017, disponible à l’adresse : https://memoire.ciclic.fr/decouvrir/article/grand-angle/culture-du-chanvre-les-rouissons-dbrehemont)