Restauration d'une maison de bourg

De Maisons Paysannes de France
Révision datée du 26 février 2019 à 18:35 par CamM (discussion | contributions)

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Cette maison de Nexon, en Haute-Vienne, s'est vue décernée le Prix Architecture et Patrimoine qui couronne les restaurations menées par des particuliers dans l'esprit de Maisons Paysannes de France.

Le jury a apprécié l'exigence et la qualité de la restauration conduite par les propriétaires qui ont eu le grand mérite d’aborder ce bâti important dans la totalité de son aspect extérieur (toiture, enduit, ouvertures), en respectant les formes souples existantes et en assurant une bonne intégration dans l’environnement du bourg. Ils ont pris conseil auprès de l’ABF (architecte des bâtiments de France) et du CAUE (conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement) avant d’entreprendre des travaux et se sont efforcés de trouver, non sans mal, les artisans les plus respectueux en matière de restauration du bâti ancien. Cette réalisation mérite d’être encouragée en raison de la démarche globale et de la persévérance des propriétaires (l'opération a été menée sur quatre ans uniquement pour les travaux extérieurs).

Vue de la façade principale avant chantier.jpg
Les différents effets de peinture résultent de l’ancienne station service.
 Façade principale après piquetage
Le piquetage a fait ressortir les arcs de décharge ainsi qu’un garnissage en briques à rhabiller. La couverture a été refaite en tuiles locales de Puycheny.
Vue de la toiture après restauration.jpg
La toiture a conservé la souplesse des arêtiers et les légers mouvements de la charpente. Toutes les menuiseries de la façade ont été conservées et restaurées.
Vue du grenier et de la charpente.jpg
Vue du grenier et de la charpente. 300 m2 de toiture protègent cet immense volume. On note l’arrivée de la cage d’escalier avec ses parois en torchis d’origine qui seront conservées.
Pose de la couverture.jpg
Marcel Meize qui a assuré avec l’entreprise familiale les chantiers de charpente, couverture et maçonnerie vérifie la mise en place de l’épi de toiture.
Vue de la rue Saint Ferreol.jpg
Vue de la rue Saint Ferréol : c’est là que la maison révèle son volume. Des soupiraux ont été agrandis pour éclairer le garage, complétés par une porte coulissante à large vitrage. Les fenêtres les plus abîmées ont été remplacées à l’identique (simple vitrage et petits bois) ; les soupiraux ont été remis à leurs dimensions d’origine. La porte coulissante a été remplacée par une porte charretière. Un faux volet a été mis en place sur la fenêtre obturée.
Vue latérale.jpg
On remarque la verticalité de la croupe de toiture. Le ciment est lugubre. Les arêtiers ont conservé leur souplesse. Des volets neufs en châtaignier ont été fabriqués par un artisan de Nexon et placés aux baies qui en étaient dépourvues. Les volets du deuxième niveau ont été restaurés et conservés.

Historique

Les origines de propriété étaient bien renseignées sur l’acte de vente et ont permis de remonter jusque vers 1830, date à laquelle la maison a fait l ’objet de travaux de remaniement et de reconstruction vraisemblablement importants qui ont abouti à la configuration actuelle. La maison est construite sur des bases plus anciennes comme en témoigne l’entrée de la cave. Elle a subi une réfection d’enduit au ciment au début du XXe siècle, état dans lequel les propriétaires l'ont reprise en 2002. La maison était dans cet état depuis des décennies. Lors de son acquisition, elle portait les stigmates de l’ancienne station service. A présent la maison a perdu sa gangue de ciment et respire à nouveau. Sa voisine immédiate date du XVe siècle ; l’ensemble est nettement plus équilibré ainsi.

Description des travaux

  • La charpente a été reprise partiellement en conservant sa souplesse. Les tuiles existantes ont été remplacées par des tuiles à ergots décalés pour éviter un alignement trop strict, provenant de la dernière tuilerie de Haute-Vienne, à Puycheny.
  • Les anciens châssis de toit ont été substitués par des châssis en fonte d’aluminium de très belle facture (marque CAST) et un épis de faîtage en terre cuite, analogue à celui de la maison voisine, est venu couronné le tout.
  • La plupart des menuiseries a été conservée et remise en état. Les quelques menuiseries non récupérables ont fait l'objet d'un remplacement à l'identique, avec petits bois et simple vitrage.
  • Les ferronneries ont été refaites à l’identique.
  • Deux ouvertures obturées et masquées par l’ancien enduit ont été remises à jour.
  • La porte coulissante de garage a été remplacée par une porte charretière.
Restauration de la porte charretière.jpg
Porte sur venelle. Elle procure un meilleur éclairage à l’atelier et un accès un peu plus large. Outre un aspect anachronique, cette porte est un générateur de courants d’air, avec des jours de plusieurs centimètres sur la périphérie. Elle est redevenue charretière comme elle le fut vraisemblablement aux origines. Elle a été fabriquée à la demande par un artisan de Nexon en châtaignier et chêne.
  • Corrodée et délabrée par endroits, la grille du perron a été nettoyée et reconstituée.
Entrée de l’ancienne salle du café.jpg
Ce genre de volets est typique des anciennes devantures. Malgré des bois fatigués, il est décidé de conserver ces ouvrants.
Porte d'entrée restaurée.jpg
Après restauration, la vie de cette porte-fenêtre sera prolongée.
balcon.jpg
La lisse inférieure de la rambarde du balcon a été noyée dans une longrine de béton. Après nettoyage, elle est apparue bien corrodée, mais sauvable. Gabriel Gizardin, propriétaire de la maison en 1830, avait marqué son territoire à l’aide de deux G ostentatoires. Sa mémoire est toujours là.

Sources et références bibliographiques

Association Maisons Paysannes de France en Limousin, consulté le 07/06/18, accessible en ligne (http://mpflimousin.free.fr/PrixRF2008HV.php)