Scellement de gonds au plomb à chaud

De Maisons Paysannes de France

[1]Cette technique très ancienne présente deux avantages :

- le premier : l’enrobage du plomb autour du gond empêche son contact avec l’air et évite ainsi son oxydation qui engendre souvent l’éclatement de la pierre.

- le second est sa prise ultra rapide puisque le plomb durcit aussitôt lors de son refroidissement.

La mise en œuvre est simple mais nécessite la présence de deux personnes.

Elle nécessite aussi quelques précautions :

- en particulier le port d’un masque pour ne pas respirer les vapeurs de plomb ;

- ne pas se positionner dans la trajectoire du canal de versement du plomb car il peut « fuser » comme un volcan.

La technique est le plus souvent utilisée pour des portails ou de grosses portes (entrée, porte de grange). Pour les gonds de volets, cette technique est aussi utilisable, mais les résines sont plus faciles d’emploi pour ces éléments plus légers.


Matériel

- Une vielle casserole à bec verseur, elle peut être en alu ou en fer. (Attention à ce que la queue ne tourne pas car avec le poids du plomb elle pourrait faire un rapide demi-tour).

- Du plomb de récupération, ou du neuf que vous achèterez en bandes vendues pour les étanchéités de toitures. Avec le plomb de récupération il faut fréquemment nettoyer les impuretés qui vont stagner à la surface du métal en fusion et les éliminer.

- Un chalumeau.

- Se munir de vieux vêtements et de gants pour éviter les brûlures.


Procédure

Bien repérer les emplacements des gonds en traçant un trait au niveau de la partie basse du gond, qui sera votre repère précis . Percer les trous dans la pierre à la dimension légèrement supérieure au gond.

Avec une mèche de 12 ou 14mm de diamètre, percer un trou en oblique, au dessus du trou du gond pour atteindre le fonds de ce trou, puis évaser l’entrée de ce canal. Bien laver en y faisant couler de l’eau et laisser bien sécher ou utiliser de l’air comprimé, pour éviter le temps de séchage. Il ne faut pas qu’il subsiste de poussière de pierre.

Placer le gond dans le trou en la calant avec précision, puis obturer la partie visible par du plâtre sur environ 1cm d’épaisseur.

Bien placer l’escabeau ou les tréteaux à la hauteur de l’opération pour verser en toute tranquillité et sécurité.

C’est à ce moment que la deuxième personne est utile.

Chauffer rapidement, au chalumeau, à flamme pointue, le canal oblique que vous avez percé, sans trop insister pour ne pas faire éclater la pierre.

Chauffer le plomb dans la casserole jusqu’à ce qu’il soit en fusion puis verser ce métal liquide dans le canal. C’est l’opération la plus délicate car il ne faut pas arrêter sinon le plomb va durcir dans le canal et le boucher. D’où l’intérêt de disposer d’une deuxième casserole que votre compagnon maintiendra en fusion au cas où vous n’en avez pas assez, surtout dans le cas de très gros gonds.

Il faut donc bien évaluer la quantité de plomb utile au remplissage du trou.

Attention, lorsque le trou est plein, le plomb peut fuser vers l’extérieur.

L’opération délicate est terminée.

Il faut à présent retirer le plâtre et boucher au mortier de chaux dans la teinte la plus approchante de la pierre.

Références

  1. Fiche technique G. Dumenil - Maisons paysannes de France