Toit de chaume : Différence entre versions

De Maisons Paysannes de France
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*MOREAU P. (1975), ''Les toitures en végétaux: paille, genêt, roseau, bois'', Revue Maisons Paysannes de France, n°3, pp.6-9.
 
*MOREAU P. (1975), ''Les toitures en végétaux: paille, genêt, roseau, bois'', Revue Maisons Paysannes de France, n°3, pp.6-9.
 
*MOREAU P. (2001), ''Des toitures en genêt: les rigots du Vivarais'', Revue Maisons Paysannes de France, n°140, 2T, pp.34-35.
 
*MOREAU P. (2001), ''Des toitures en genêt: les rigots du Vivarais'', Revue Maisons Paysannes de France, n°140, 2T, pp.34-35.
*PONTVIANNE C. (1992), ''Dans le bocage normand: toitures en paille d              e seigle'', Revue Maisons Paysannes de France, n°106, 4T, pp.19-20.
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*PONTVIANNE C. (1992), ''Dans le bocage normand: toitures en paille de seigle'', Revue Maisons Paysannes de France, n°106, 4T, pp.19-20.
 
*SEURET F. (1999), ''Le roseau de Camargue ne rompt pas'', Revue Village, pp. 30-33.
 
*SEURET F. (1999), ''Le roseau de Camargue ne rompt pas'', Revue Village, pp. 30-33.
 
*VERROUST J. (1997), ''Les genêts font la couverture en Ardèche'', Revue Rustica, n°1146, pp. 57-59.
 
*VERROUST J. (1997), ''Les genêts font la couverture en Ardèche'', Revue Rustica, n°1146, pp. 57-59.

Version du 16 janvier 2019 à 17:10

Le terme "chaume" concerne toute toiture végétale faite de paille de blé, de seigle, de jonc, de roseau, de genêts ou de bruyère. Le mot "chaumière" évoque l'image d'une maison plutôt modeste et ancienne. Pourtant, les constructions disposant d'une telle couverture ont souvent de nombreux avantages et peuvent être associées à un mode de vie de qualité, confortable, sans oublier leur richesse esthétique et leur charme rural.

Un temps remplacé par de l'ardoise, des tuiles ou de la tôle, notamment depuis le début du XXème siècle, le chaume couvre encore des maisons paysannes restaurées et suscite à nouveau l'intérêt dans la construction contemporaine. Il présente en effet de nombreux avantages thermiques, économiques et de résistance dans le temps. Malheureusement aujourd'hui, peu nombreux sont les artisans, appelés chaumiers, qui en pratiquent la pose.

Avantages du chaume

Le chaume a la capacité de s'adapter à tout type de climat et peut s'associer à plusieurs matériaux comme la pierre, le torchis, le pisé ou encore le pan de bois. Cette adaptation explique en partie sa présence dans différentes régions françaises. Étanche à de multiples techniques de pose, il résiste aux intempéries, au feu, ainsi qu'aux tempêtes.

Avec une masse moyenne de 20-25kg/m² pour le genêt, 25kg/m² pour la paille, de 35kg/m² pour les roseaux, le chaume s'installe sur une charpente légère qui ménage ainsi des combles plus spacieux et qui se révèle moins coûteuse. Dans le cadre d'une restauration, il s'adapte également aux charpentes qui peuvent être irrégulières. Il suffit pour cela de rattraper les défauts de la couverture en réglant l'épaisseur du chaume.

Très bon isolant phonique, il est aussi un bon isolant thermique, étant frais en été et chaud en hiver. Il n'est donc pas nécessaire, comme avec d'autres revêtements de toiture, d'y installer une laine d'isolation complémentaire.

Enfin, l'installation d'un toit de chaume n'est pas forcément onéreuse et il est possible d'obtenir un bon rapport qualité-prix en comparaison avec d'autres système de couverture.

Composition et pose

Le toit de chaume, suivant la région où il est installé, présente une composition différente. On peut en trouver de trois types: en paille, en roseaux ou en genêts et chaque matériau requiert une pose spécifique. Les toitures de chaume ont souvent une forte pente (60°) afin de faire face à tous les vents, que la pluie y glisse et que la neige ne s'y accumule pas. Bien que la paille noircisse avec le temps et les intempéries, elle ne pourrit pas.

Paille

Chaumier au travail. Il place les cluis de chaume. Photo Eric Sogny©
Il existe différents types de pailles servant à la construction d'un toit de chaume. La paille de seigle est celle qui est utilisée le plus fréquemment notamment pour sa facilité d'emploi et sa masse bien inférieure à celle du blé.

Autrefois cultivé en abondance en Auvergne et dans le Limousin pour la farine, le seigle servait également à recouvrir les toits de maisons paysannes, où l'on appréciait ses qualités de solidité, d'imputrescibilité, de souplesse et de résistance dans le temps. On retrouve également ce type de couverture dans le Nord-Cantal et en Haute-Corrèze.

Le seigle étant moins cultivé qu'autrefois, l'approvisionnement des chaumiers est aléatoire. C'est pourquoi l'entreprise Arts et Traditions du Chaume s'intéresse aux producteurs pouvant en fournir de manière continue. Il subsiste en effet des cultures de seigle traditionnel en Corrèze, dont les terrains acides sont favorables à leur exploitation. Contenant de la silice, la tige de seigle, haute de 1,40m à 1,80m, est fine et très souple, ce qu'il fait qu'elle ne se brise pas. L'air entre les quatre ou cinq nœuds de la tige est alors emprisonné en permanence, ce qui explique le fort pouvoir isolant de ce matériau. Il est essentiel que le seigle utilisé soit naturel et qu'il ne pousse pas à l'aide d'engrais, sa paille risquant de ne pas être résistante.

Le seigle est semé fin septembre, début octobre, pour une récolte en juillet ou en août. On stocke ensuite la récolte sous forme de petites gerbes jusqu'en hiver, à l'abri des intempéries. Celles-ci seront ensuite battues puis peignées à la main afin de récupérer les tiges les plus longues et d'éliminer les tiges brisées. Elles seront assemblées en gerbes épaisses, appelées aussi cluies, pour être directement appliquées en toiture. Les gerbes utilisées en haute-montagne seront par exemple d'un diamètre minimum de 40cm.

Autrefois effectuée à la faucille ou à la faux et fournie sur place, la récolte de paille de seigle est maintenant réalisée à moissonneuse-lieuse.

Façonnage de la couverture

La réalisation de toiture en paille diffère suivant les spécificités régionales.

Roseau

Le roseau (Phragmites australis) est une des plantes les plus utilisées pour la conception de couverture de toit. Répandu depuis les années 1960 en France, sa culture se fait principalement en Camargue, mais on en trouve aussi dans les baies de Seine, de Somme et de la Brière. On l'appelle aussi la sagne.

Les tiges jaunes sont coupées de décembre à mars puis séchées avant d'être ensuite envoyées en France (notamment en Normandie) mais aussi à l'étranger, pour la réalisation de toiture. Ininflammables, imputrescibles, imperméables et isolants, les roseaux représentent un matériau de choix pour la réalisation de toiture.

Façonnage de la couverture

Le chaumier installe sur le toit des paquets de roseaux aussi appelés "manons", dont les rangs se chevauchent au deux tiers. Il faut compter quatre manons pour obtenir une épaisseur de 40cm.

Dans le Marais vendéen, le couvreur fixe des nattes de jonc tressé sur les liteaux de la charpente. Les paquets de roseaux y sont déposés pieds vers le bas puis sont répartis et tassés sur la toiture. Ils sont ensuite joints avec un lien végétal (osier, jonc,...) au bout duquel se trouve une cheville qui sera fixée dans la charpente. Les roseaux sont ensuite uniformisés avec une palette et aplanis.

Genêt

Le genêt est un arbuste qui se présente sous forme de buisson touffu aux branches serrées pouvant atteindre 2 à 3m de hauteur. On en trouve dès 900 mètres d'altitude sur des terrains siliceux ou granitiques, les bois peu touffus, les landes et pâturages secs. Les couvertures sont réalisées le plus couramment avec le genêt à balais (Cytisus scoparius), appelé aussi genêt d'or.

Les chaumes en genêts se trouvent particulièrement dans les constructions du Haut-Vivarais (Ardèche), mais aussi dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc (Occitanie) où les terres sont pauvres et l'exploitation du seigle difficile. Le genêt, plante abondante dans ces régions, ne coûte rien et sert de ressource principale pour les couvertures de toit en chaume.

Une couverture en genêt offre une étanchéité à la pluie mais pas à l'air, ce qui permet d'éviter la condensation et ainsi de conserver la charpente.

Façonnage de la couverture

Tressage du genêt en toiture Croquis Pierre Moreau©
La pose du genêt en toiture est une tâche longue et plutôt ardue, ce qui implique un coût plus élevé par rapport aux autres matériaux utilisés pour le chaume. Suivant les régions, le façonnage de la couverture se fait de différentes manières et avec des espèces de bois diverses.

Dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc, les bâtiments protégés recouverts de chaume sont par exemple réalisés avec des perches de hêtre clouées sur les chevrons, entre lesquelles sont ensuite tressées les branches de genêts. En Ardèche, dans le massif du Mézenc, un canevas est quant à lui réalisé avec des branches de châtaigner nouées perpendiculairement aux chevrons de la charpente du toit. Les longues ramures du genêt sont ensuite entrelacées en les serrant fortement sur cette ossature. Les petites houppes épaisses de la plante sont ensuite piquées dans la couverture. Il en résulte dans les deux cas une toiture dense et épaisse, similaire à un tapis.

Les fermes les plus modestes sont revêtues de cette couverture mais de plus en plus ce matériau est revalorisé pour des constructions plus importantes.

Entretien

Une toiture en chaume, contrairement à d'autres types de couvertures, se révèle solide et peut durer entre 30 et 50 ans si elle est bien entretenue régulièrement. Il est recommandé de la gratter au sécateur afin de la démousser, ce qui s'avère être une solution rapide et peu coûteuse. Le nettoyage à haute pression d'eau est quant à éviter puisqu'il occasionnerait des dégâts à la toiture.

Bibliographie

  • CHAUVET J.-Y. (1990), L'architecture paysanne vestigiale, Les ultimes chaumières, Revue Maisons Paysannes de France, n°96, 2T, pp.16-23.
  • CHAUVET J.-Y. (1999), La France par-dessus les toits, Le chaume couverture nature, Revue Détours, n°47, pp. 22-23.
  • FIRBAL D., BARRIER B. (2001), Le chaume, confortable sain et beau, Revue Maisons Paysannes de France, n°141, 3T, pp.5-7.
  • GAUTHIER C. (1994), Le chaumier au travail, Revue Maisons Paysannes de France, n°112, pp.57-59.
  • LEBORNE B. (2014), De lauze et de genêt, les toitures des grandes fermes de la montagne ardéchoise, n°194, 4T, pp.35-37.
  • MOREAU P. (1975), Les toitures en végétaux: paille, genêt, roseau, bois, Revue Maisons Paysannes de France, n°3, pp.6-9.
  • MOREAU P. (2001), Des toitures en genêt: les rigots du Vivarais, Revue Maisons Paysannes de France, n°140, 2T, pp.34-35.
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  • SEURET F. (1999), Le roseau de Camargue ne rompt pas, Revue Village, pp. 30-33.
  • VERROUST J. (1997), Les genêts font la couverture en Ardèche, Revue Rustica, n°1146, pp. 57-59.