Couverture en panne flamande & panne picarde : Différence entre versions

De Maisons Paysannes de France
Ligne 1 : Ligne 1 :
La '''panne flamande''' ou '''picarde''' (appelée aussi '''panne du nord''') est une tuile issue de la tuile romaine qui intègre en une seule pièce l'[https://fr.wikipedia.org/wiki/Imbrex imbrex] et la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Tegula tegula]. Elle dispose d'un bord gauche légèrement relevé tandis que son bord droit est bombé et est destiné au recouvrement de la panne voisine.
 
 
[[Fichier:Tuile flamande emboîtée.jpg|vignette|381x381px|Emboitement d'une panne flamande
 
[[Fichier:Tuile flamande emboîtée.jpg|vignette|381x381px|Emboitement d'une panne flamande
 
<br>
 
<br>
 
<br>
 
<br>
 
Dessin Chantal Pontvianne ©
 
Dessin Chantal Pontvianne ©
]]
+
]]La '''panne flamande''' ou '''picarde''' (appelée aussi '''panne du nord''') est une tuile issue de la tuile romaine qui intègre en une seule pièce l'[https://fr.wikipedia.org/wiki/Imbrex imbrex] et la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Tegula tegula]. Elle dispose d'un bord gauche légèrement relevé tandis que son bord droit est bombé et est destiné au recouvrement de la panne voisine.
 
Ce matériau de couverture est répandu dans le '''Nord''' et le '''Pas-de-Calais''', ainsi qu'en Picardie, notamment dans l''''Oise''' et la '''Somme'''. Il serait apparu au XVème siècle et servent à recouvrir les fermes et maisons. Les pannes prennent des '''teintes rouges''', '''orangées''' ou '''roses''' suivant la terre employée dans la confection des tuiles. Elles peuvent être également '''vernissées''' dans une '''teinte sombre bleu/violet'''.
 
Ce matériau de couverture est répandu dans le '''Nord''' et le '''Pas-de-Calais''', ainsi qu'en Picardie, notamment dans l''''Oise''' et la '''Somme'''. Il serait apparu au XVème siècle et servent à recouvrir les fermes et maisons. Les pannes prennent des '''teintes rouges''', '''orangées''' ou '''roses''' suivant la terre employée dans la confection des tuiles. Elles peuvent être également '''vernissées''' dans une '''teinte sombre bleu/violet'''.
  
Ligne 15 : Ligne 14 :
  
 
== Caractéristiques ==
 
== Caractéristiques ==
[[Fichier:Tuile flamande.jpg|vignette|381x381px|Dimensions moyennes de tuiles flamandes
+
=== Dimensions ===
 +
La panne mesure entre 17 à 25cm de large pour une longueur variant entre 33 et 38cm. L'épaisseur de la tuile elle-même est de 16mm et son bord arrondie se soulève à 5,5cm de haut.[[Fichier:Tuile flamande.jpg|vignette|381x381px|Dimensions moyennes de tuiles flamandes
 
<br>
 
<br>
 
<br>
 
<br>
 
Dessin Chantal Pontvianne ©
 
Dessin Chantal Pontvianne ©
 
]]
 
]]
 
=== Dimensions ===
 
La panne mesure entre 17 à 25cm de large pour une longueur variant entre 33 et 38cm. L'épaisseur de la tuile elle-même est de 16mm et son bord arrondie se soulève à 5,5cm de haut.
 
  
 
=== Pose ===
 
=== Pose ===
Ligne 30 : Ligne 27 :
  
 
==== Pose à l'égout ====
 
==== Pose à l'égout ====
[[Fichier:Coyau tuile flamande.jpg|vignette|381x381px|Coyaux
+
La charpente d'un toit couvert en pannes flamandes possède à l'égout des coyaux qui prolongent les chevrons, apportant une courbure au toit et formant un auvent. C'est sur ce prolongement de la charpente que débutera la pose de tuiles en recouvrement simple. Cette courbure permet de rejeter les eaux de pluies ruisselantes loin du mur car les maisons ne disposaient autrefois pas de gouttières
 +
 
 +
Ce prolongement peut dépasser du toit de une à cinq tuiles.[[Fichier:Coyau tuile flamande.jpg|vignette|381x381px|Coyaux
 
<br>
 
<br>
 
<br>
 
<br>
 
Dessin Chantal Pontvianne ©
 
Dessin Chantal Pontvianne ©
 
]]
 
]]
La charpente d'un toit couvert en pannes flamandes possède à l'égout des coyaux qui prolongent les chevrons, apportant une courbure au toit et formant un auvent. C'est sur ce prolongement de la charpente que débutera la pose de tuiles en recouvrement simple. Cette courbure permet de rejeter les eaux de pluies ruisselantes loin du mur car les maisons ne disposaient autrefois pas de gouttières
 
 
Ce prolongement peut dépasser du toit de une à cinq tuiles.
 
 
 
==== Pose sur rive ====
 
==== Pose sur rive ====
 
Les pannes débordent légèrement sur les rives du toit.
 
Les pannes débordent légèrement sur les rives du toit.

Version du 21 mai 2019 à 14:58

Emboitement d'une panne flamande

Dessin Chantal Pontvianne ©
La panne flamande ou picarde (appelée aussi panne du nord) est une tuile issue de la tuile romaine qui intègre en une seule pièce l'imbrex et la tegula. Elle dispose d'un bord gauche légèrement relevé tandis que son bord droit est bombé et est destiné au recouvrement de la panne voisine.

Ce matériau de couverture est répandu dans le Nord et le Pas-de-Calais, ainsi qu'en Picardie, notamment dans l'Oise et la Somme. Il serait apparu au XVème siècle et servent à recouvrir les fermes et maisons. Les pannes prennent des teintes rouges, orangées ou roses suivant la terre employée dans la confection des tuiles. Elles peuvent être également vernissées dans une teinte sombre bleu/violet.

Cette publication Maisons Paysannes de France peut vous intéresser...Toitures-minerales.jpg

Recueil technique Toitures minérales

Retrouvez tout le savoir de Maisons Paysannes de France en matière de toitures minérales dans ce recueil composé d’articles et de fiches pratiques issus de la revue Maisons Paysannes de France.

Découvrez-là !


Panne picarde et flamande sont similaires mais cette dernière a une section en "S" plus affirmée. La panne picarde a quant à elle une forme plus angulaire (qui influencera la création des tuiles mécaniques).

Caractéristiques

Dimensions

La panne mesure entre 17 à 25cm de large pour une longueur variant entre 33 et 38cm. L'épaisseur de la tuile elle-même est de 16mm et son bord arrondie se soulève à 5,5cm de haut.
Dimensions moyennes de tuiles flamandes

Dessin Chantal Pontvianne ©

Pose

Ces tuiles disposent d'un ergot qui permet de s'accrocher aux liteaux de la charpente, dont l'espacement est guidé par la longueur de la tuile. Elles se posent avec un mode de recouvrement latéral où la partie bombée recouvre la partie relevée de la tuile voisine. Le rang supérieur recouvre  sur 5 à 6 cm la rangée de tuiles du dessous, laissant un pureau (zone découverte) de 27 à 28 cm.

Ces pannes se posent sur des charpentes aux pentes variées mais plutôt fortes (entre 45 et 60°) avec une moyenne de 15 tuiles/m². Cette pente est utile dans ces régions humides car il est nécessaire d'évacuer rapidement l'eau du toit.

Pose à l'égout

La charpente d'un toit couvert en pannes flamandes possède à l'égout des coyaux qui prolongent les chevrons, apportant une courbure au toit et formant un auvent. C'est sur ce prolongement de la charpente que débutera la pose de tuiles en recouvrement simple. Cette courbure permet de rejeter les eaux de pluies ruisselantes loin du mur car les maisons ne disposaient autrefois pas de gouttières

Ce prolongement peut dépasser du toit de une à cinq tuiles.
Coyaux

Dessin Chantal Pontvianne ©

Pose sur rive

Les pannes débordent légèrement sur les rives du toit.

Faîtage

Le faîtage est réalisé avec des tuiles rondes scellées. Ces tuiles faitières peuvent être décorées.

Avantages

La couverture en panne flamande, si elle est bien entretenue, a l'avantage d'être résistante dans le temps notamment grâce à la terre locale non gélive (tuf) utilisée pour la réalisation des tuiles.

Les tuiles traditionnelles fabriquées artisanalement et aux teintes variées participent au charme des toitures du nord de la France.

Inconvénients

Les pannes flamandes ou picardes traditionnelles ont l'inconvénient de ne pas être très étanche à la pluie, au vent ou à la neige. La pose est donc parfois complétée avec du mortier qu'il faut surveiller car il s'usera plus rapidement que la panne elle-même.

La reconversion en tuile mécanique: un matériau à proscrire

Il existe aujourd'hui des tuiles industrielles, appelées tuiles mécaniques dont la forme s'inspire de ces pannes mais qui ont été étudiées afin que leur emboîtement soit le plus hermétique possible et que la prise au vent soit limitée. Cependant, elles ont l'inconvénient de raidir l'aspect de la toiture et de ne pas faire substitut d'une panne traditionnelle. Elles ne sont pas adaptées à la restauration d'une maison paysanne.

Bibliographie

  • BOUTU F., QUILLACQ E. (1994), L'architecture rurale du Houtland, Revue Yser Houck, Edition spéciale, pp. 3-24.
  • CAUE 80, Mieux connaître pour protéger, Les maisons paysannes, mai 2019.
  • CHAUVET J. Y., (1996), Les toits des pays de France, Editions Eyrolles, pp.100-101.
  • LEBOUTEUX P. (2001), Traité de couverture traditionnelle, Editions H. Vial.
  • PONTVIANNE C. (1993), Des deux côtés de la Manche : Un patrimoine bâti authentique se découvre dans le Boulonnais, Revue Maisons Paysannes de France, n°133, 3T, pp.20-24.
  • PONTVIANNE C. (1999), Devenir maitre d'ouvrage ou comment commander des travaux aux professionnels du bâtiment : Des tuiles rondes en sursis : fiche n°6 : le couvreur, Revue Maisons Paysannes de France, n°131, 1T, pp.14-16.
  • RAGONS A. et M., (1993), En Flandre: Route de Watou à Steenvoorde, Maison d'un lauréat du prix René Fontaine 1992, Revue Maisons Paysannes de France, n°107, 1T, pp.10-12.
  • TENEUR VAN DAELE M., La maison rurale en Flandre, Editions de la Porte Verte, 1982.