Couverture en panne flamande & panne picarde

De Maisons Paysannes de France
La panne flamande ou picarde (appelée aussi panne du nord) est une tuile issue de la tuile romaine qui intègre en une seule pièce l'imbrex et la tegula. Elle dispose d'un bord gauche légèrement relevé tandis que son bord droit est bombé et est destiné au recouvrement de la panne voisine.
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Recueil technique Toitures minérales

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Ce matériau de couverture est répandu dans le Nord et le Pas-de-Calais, ainsi qu'en Picardie, notamment dans l'Oise et la Somme. Il serait apparu au XVème siècle et servent à recouvrir les fermes et maisons. Les pannes prennent des teintes rouges, orangées ou roses suivant la terre employée dans la confection des tuiles. Elles peuvent être également vernissées dans une teinte sombre bleu/violet.
Emboitement d'une panne flamande

Dessin Chantal Pontvianne ©

Panne picarde et flamande sont similaires mais cette dernière a une section en "S" plus affirmée. La panne picarde a quant à elle une forme plus angulaire (qui influencera la création des tuiles mécaniques).

Caractéristiques

Dimensions

La panne mesure entre 17 à 25cm de large pour une longueur variant entre 33 et 38cm. L'épaisseur de la tuile elle-même est de 16mm et son bord arrondie se soulève à 5,5cm de haut.
Dimensions moyennes de tuiles flamandes

Dessin Chantal Pontvianne ©

Pose

Ces tuiles disposent d'un ergot qui permet de s'accrocher aux liteaux de la charpente, dont l'espacement est guidé par la longueur de la tuile. Elles se posent avec un mode de recouvrement latéral où la partie bombée recouvre la partie relevée de la tuile voisine. Le rang supérieur recouvre  sur 5 à 6 cm la rangée de tuiles du dessous, laissant un pureau (zone découverte) de 27 à 28 cm.

Ces pannes se posent sur des charpentes aux pentes variées mais plutôt fortes (entre 45 et 60°) avec une moyenne de 15 tuiles/m². Cette pente est utile dans ces régions humides car il est nécessaire d'évacuer rapidement l'eau du toit.

Pose à l'égout

La charpente d'un toit couvert en pannes flamandes possède à l'égout des coyaux qui prolongent les chevrons, apportant une courbure au toit et formant un auvent. C'est sur ce prolongement de la charpente que débutera la pose de tuiles en recouvrement simple. Cette courbure permet de rejeter les eaux de pluies ruisselantes loin du mur car les maisons ne disposaient autrefois pas de gouttières

Ce prolongement peut dépasser du toit de une à cinq tuiles.
Coyaux

Dessin Chantal Pontvianne ©

Pose sur rive

Les pannes débordent légèrement sur les rives du toit.

Faîtage

Le faîtage est réalisé avec des tuiles rondes scellées. Ces tuiles faitières peuvent être décorées.

Avantages

La couverture en panne flamande, si elle est bien entretenue, a l'avantage d'être résistante dans le temps notamment grâce à la terre locale non gélive (tuf) utilisée pour la réalisation des tuiles.

Les tuiles traditionnelles fabriquées artisanalement et aux teintes variées participent au charme des toitures du nord de la France.

Inconvénients

Les pannes flamandes ou picardes traditionnelles ont l'inconvénient de ne pas être très étanche à la pluie, au vent ou à la neige. La pose est donc parfois complétée avec du mortier qu'il faut surveiller car il s'usera plus rapidement que la panne elle-même.

La reconversion en tuile mécanique: un matériau à proscrire

Il existe aujourd'hui des tuiles industrielles, appelées tuiles mécaniques dont la forme s'inspire de ces pannes mais qui ont été étudiées afin que leur emboîtement soit le plus hermétique possible et que la prise au vent soit limitée. Cependant, elles ont l'inconvénient de raidir l'aspect de la toiture et de ne pas faire substitut d'une panne traditionnelle. Elles ne sont pas adaptées à la restauration d'une maison paysanne.

Bibliographie

  • BOUTU F., QUILLACQ E. (1994), L'architecture rurale du Houtland, Revue Yser Houck, Edition spéciale, pp. 3-24.
  • CAUE 80, Mieux connaître pour protéger, Les maisons paysannes, mai 2019.
  • CHAUVET J. Y., (1996), Les toits des pays de France, Editions Eyrolles, pp.100-101.
  • LEBOUTEUX P. (2001), Traité de couverture traditionnelle, Editions H. Vial.
  • PONTVIANNE C. (1993), Des deux côtés de la Manche : Un patrimoine bâti authentique se découvre dans le Boulonnais, Revue Maisons Paysannes de France, n°133, 3T, pp.20-24.
  • PONTVIANNE C. (1999), Devenir maitre d'ouvrage ou comment commander des travaux aux professionnels du bâtiment : Des tuiles rondes en sursis : fiche n°6 : le couvreur, Revue Maisons Paysannes de France, n°131, 1T, pp.14-16.
  • RAGONS A. et M., (1993), En Flandre: Route de Watou à Steenvoorde, Maison d'un lauréat du prix René Fontaine 1992, Revue Maisons Paysannes de France, n°107, 1T, pp.10-12.
  • TENEUR VAN DAELE M., La maison rurale en Flandre, Editions de la Porte Verte, 1982.